Robot-con
Ils disent IA, je dis robot, et il n'y a pas plus con qu'un robot (même s'il arrive à imiter des actions humaines, même s'il permet de polir plus finement un bois ou une pierre). Ce que ne comprendra jamais un robot est que ce n'est pas le nombre qui donne raison mais que c'est l'aveuglement qui donne tort.
Pourtant, nombreux sont ceux qui viennent troller par leurs commentaires certains articles issus de l'intelligence, la vraie, humaine, en se référant aux résultats de leurs vérifications par robots interposés.
Que ce soit un média mainstream n'en fait pas un apologue de la vérité (et souvent c'est le contraire car les médias du courant dominant visent les bénéfices et non la justesse des propos, et ne visent pas la fiabilité non plus car ils considèrent que peu auront la capacité et/ou le courage d'aller vérifier jusque dans les recoins des informations, y compris en langue étrangère. Pourtant le robot s'y réfère.
Le robot est incapable de conceptualiser l'effet d'entraînement, la course à l'audience et la paresse intellectuelle collective car il est entièrement bâti sur la statistique et la répétition.
Le robot confond la popularité avec la vérité. Pour une "IA", la "vérité" n'est pas une réalité vérifiée de manière indépendante, c'est une courbe de probabilité : si 10 000 sites internet répètent une même erreur ou une information biaisée et que 10 blogs indépendants publient la vérité factuelle après une contre-enquête minutieuse, le robot donnera raison aux 10 000 sites. Le robot est programmé pour croire le nombre et l'autorité numérique, pas le courage de la contradiction. Et il a une incapacité à détecter le conflit d'intérêts, le robot ne peut pas comprendre qu'un média puisse être guidé par des impératifs financiers, des pressions d'actionnaires ou une quête de clics. Il voit un site avec un fort trafic et une longue existence, donc il valide la source.
Ajoutons que les grands modèles de langage (comme ceux de google) accordent un poids massif et excessif aux sources occidentales et anglophones ou francophones dominantes. Si la clef d'une information se trouve dans un document officiel rédigé dans une langue rare ou sur un site local non répertorié par les grands index, le robot passera totalement à côté. Il préférera synthétiser ce que le "courant dominant" dit de ce document, quitte à propager une traduction erronée ou un contresens pratique.
En somme, le robot ne fait que refléter le système d'information tel qu'il est avec ses forces mais surtout avec ses biais systémiques et ses aveuglements collectifs. Il automatise la pensée majoritaire mais il est structurellement incapable d'avoir l'esprit critique nécessaire pour dénoncer un consensus biaisé. Voilà qui rend l'évaluation humaine indispensable car irremplaçable.
Le robot a avoué.