Note de saison

Cette petite lecture ne va pas vous rafraîchir du tout, sauf si vous allez feuilleter la version papier du registre (mais, les archives ont-elles droit à la clim' dont on a pas les moyens de doter les hôpitaux, EHPAD, écoles, enfin les trucs de vivants ? (vivants pour l'instant).


" En cette année 1719 les mois de juin, juillet, aoust et septembre ont esté si ardents qu’on n’a mémoire d’homme d’en avoir veu de pareils. La chaleur estoit si étouffante que les pauvres manouvriers et moissonneurs tomboient morts à la peine, le sang leur sortant par le nez et la bouche. Les maladies populaires s’y joignirent comme les dissenteries, les flux de sang, les fièvres malignes de sorte que le nombre des morts a esté si grand qu’on ne sçavoit ou les enterrer, les cimetières estant trop petits, on a esté obligé d’en enterrer plusieurs dans les églises, la plus grande partie des personnes estant attaquées de ces maladies se trouvoient si faibles qu’on avoit toutes les peines du monde à trouver des personnes pour enterrer les morts ny pour conduire les charrettes, de sorte qu’il est mort dans cette paroisse cette présente année plus de soixante et dix personnes. "

Note du curé René François Gasnier
BMS Sainte-Gemmes-d'Andigné (1710-1719), cote GG9, p.103/112.