Les curés du poste

Un jour, il y a très longtemps, j’ai entendu sur France Culture ou France Musique – je ne sais plus laquelle – une énormité : le saxophone serait un cuivre. Cela m’a piqué les oreilles mais, bon… les boulettes, ça arrive (même par des soi-disant sachants du sujet qui se vantent de vous en apprendre mais qui ne peuvent pas tout savoir – ça, il faudrait leur dire), du moment qu’on les reconnaît, les âneries, et qu’on rectifie.
Mis à part quelques emmerdeurs qui me demandent toujours pourquoi je ne vais pas aux regroupements divers de cuivres qu’ils ont vus ici ou là, il n’y a pas de conséquences et, si vous suivez bien, ce n’est pas le sujet.

Le souci-sujet, c’est que des gens écoutent les âneries, les gobent comme parole d’évangile, les répètent ici et là et, pour certains, veulent les imposer comme vérité parce que c’est l’entité suprême qui l’a dit. La transcription de la bible relayée par le haut-commandement de la vérité absolue.

« Vu à la télé », « entendu dans le poste », « lu sur internet », etc.
Avant, au temps des archives empoussiérées, il y avait les curés pour vous dire la vérité qu’ils avaient ordre et culot de mettre en majuscules. Les gens ne savaient pas lire et, si l’on savait un peu, il y avait assez de terres à gratter pour occuper le temps et mettre en place des plans de survie plutôt que d’aller vérifier des énoncés qu’on ne pouvait pas vérifier, ne sachant où aller afin de s’éclairer.

Maintenant qu’il n’y a plus rien à gratter, il y a BFM et consorts.
Si le ventre gronde, c’est une preuve de désobéissance, et désobéir c’est mal, et c’est un autre genre de curé qui le dit.

Si le troupeau ignore que s’il fonce d’un bloc dans la clôture, celle-ci va s’écrouler en ouvrant le passage vers la réalité, il restera à palabrer entre les barbelés et le fil électrifié en attendant qu’on le mange ou qu’on l’enfouisse.