La Nouvelle Inquisition

Vous aurez remarqué l'agitation et la pratique collectives du dénigrement envers Xoucha Fedorova. J'ai deux trois choses à en dire.

La vitalité d’une société ouverte dépend de sa capacité à tolérer la contradiction argumentée, y compris lorsque celle-ci dérange les certitudes du jour. Sans cette liberté, le débat public se transforme en rituel de confirmation collective, et la raison cède la place à la foi. C'est ce que nous vivons : il n'y a presque plus de politiques et peu de journalistes ! Et les vrais sont cachés sous le tapis de la direction unique après avoir été muselés ou honnis voire harcelés. Il n'y a plus que des religieux, politiques et soi-disant journalistes, qui défendent leur bout de gras. 
Restaurer un espace pluraliste exigerait de défendre sans concession le principe que la vérité ne se décrète pas par autorité, que la contestation raisonnée est la bonne méthode afin de ne pas sombrer dans les travers les plus sordides que notre Histoire rappelle sans cesse. 

La liberté d’expression, pilier historique des régimes libéraux, subit de multiples atteintes partout et particulièrement ici, chez nous. Ce qui était autrefois protégé comme un droit fondamental (la possibilité d’exprimer des opinions différentes que certains disent minoritaires) se trouve désormais encadré, limité ou sanctionné au nom de notions floues telles que la "désinformation", le "discours de haine" ou le "risque de division". Les plateformes numériques, les médias adoubés et certaines législations nationales sont responsables de cet étranglement. Une opinion, même étayée par des faits vérifiables ou des analyses rigoureuses, peut être qualifiée de "problématique" et entraîner des conséquences professionnelles, sociales ou judiciaires (comme on l'a vu pour Xavier Moreau et Jacques Baud). Ce mécanisme rappelle les logiques inquisitoriales : l’important n’est plus seulement la vérité ou la solidité de l’argument, mais la conformité au dogme dominant.

Les prises de positions qui ne suivent pas la ligne religieuse officielle du moment, sont qualifiées d'hérétiques.

En autre temps, on niait le droit de dire que la Terre est ronde. 
Apporter des arguments et des preuves pouvait conduire au bûcher.

On nous nie maintenant le droit de lire à voix haute la genèse d'une guerre. 
Apporter des documents et des preuves conduit à subir cette haine et ce racisme que l'on dit combattre.

Dans tout cela, est arrivée une tolérance de discours généralisants et hostiles à l’égard des Russes en tant que peuple, que l’on qualifierait immédiatement de racisme s’ils visaient d’autres groupes. 

Il y a le mauvais et le bon racisme.
Il y a la mauvaise et la bonne propagande.

Gare à celui qui doute.
Gare à celui qui interroge.

Bienvenue dans la nouvelle inquisition.