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Le juste canard, ou Noël aux lardons

J’aurais pu, l’idée m’effleurant, faire une nouvelle lettre, adressée, cette année encore, à la légende cocaïfiée de Noël, mais non. De toutes façons, le bonhomme est sourd et sa magie relative.

Avez-vous vu comme il se vautre sous les scintillements enguirlandés de décembre ?

Une volaille cirrhosée dans une main, le lampion du leurre dans l’autre…

J’aurais pu également, l’idée subsidiaire affleurant, écrire autrement à Maroz le désargenté, mais, la drôlesse qui le sert et fourgue ses butins, cache sous le bleu de sa glace des souvenirs qui n’en sont pas. Le feu hésitant d’un briquet essoufflé suffirait à la faire fondre… Sniégourotchka a fait son nid et son insolence au fond des bottes du père Noël.

Alors, alors, voilà. Bien ennuyée, car j’avais quelques doléances pas plus con[1] -de connes- que d’autres, ni moins, mais les destinataires s’évaporent l’un après l’autre dans ma plume déconfite (j’aime ce mot et sa saveur de mûre).

Et, peut-être hélas, je ne connais pas tous les pourvoyeurs de jouissances consuméristes, consumérisés ou pas.

À qui écrire alors ? À vous, tous. Vous avez sûrement autant de pouvoir que le gnome écarlate et ses sbires, j’y crois. Davantage même, j’y crois vraiment.

Et en grammaire résolument pliée à la règle du genre, puisque, paraît-il, le mot ne change rien, aucun mot à aucune affaire. Le mot généralise et sauve, dit-on !
Le mort mot du format dit que tout ce qui dépasse se perde !

Savoir du verbe pouvoir.

Il suffit de dire, alors disons.

 
Après l’alors, le voilà :

Chers amis, donc :

Il est des périodes propices aux vœux, altruistes par le souhait du meilleur au voisin, copain, cousin, frangin, collatéral sanguin ou géographique, ou des deux tonneaux, ou plus encore. Vœux dans la sincérité du rituel… « Agenouillez-vous et vous croirez », le principe s’appliquerait-il donc : souhaitez et vous serez sincères. Et pour toute la misère du monde «le  je, ne peux rien y faire ».

Je vous souhaite donc, tout ce que vous voulez et attendez, et j’espère. Et ne m’intéresse point au contenu de vos providences attendues, puisque c’est à vous de les écrire.

Mais dans ce vague sur la vague du déboulonnage des croyances en certitude : il suffit de dire, dit-on.

Las, la redondance instaure la duperie. Et l’abandon.

Joyeux Noël, si vous voulez, si c’est là le fort de la saison. Et puis une année change de nom bientôt, alors c’est le temps de penser à soi, comme si d’habitude on s’oubliait comme des mous de l’égoïsme et de l’individualisme que nous serions. Le nous nous écarte, le on nous justifie.

Clarté serait de mise mais l’effort fait la belle avec la confiance.

Nous sommes là, dans ces gentillesses de verbe à l’adresse de la beauté des anges de commisération. L’air fait croire à la chanson. Mais la chanson s’égare.

Baffrons en cœur, mes frères, et si nous faisons le vœu que ceux qui crèvent, de faim et d’oubli, crèvent moins vite et surtout moins bruyamment, en donnant l’obole juste -et juste assez publique pour en faire un iceberg sans immersion-, alors la digestion sera douce et silencieuse à nos tubes noyés de satisfaction. Est-ce cela la beauté du rituel ? Est-ce là la corde et l’accord en épousailles ? Est-ce la note bleue de l’humanité ?

J’ai peur car je n’entends que couacs et canards et rien où les réparer. Parce que l’attentisme nappe nos bûches d’indulgence.

Dans les courses vagabondes pour découvrir l’objet qui flattera l’ego par le merci émerveillé devant l’offrande enrubannée, n’oubliez pas la cherté qui valide la valeur… et signe vos respectabilités et votre innocence ; entre deux sapins dénaturés, le père Noël ne veut pas perdre la couleur de sa veste, du rouge passant au vert, on saurait que de Noël son nom vire au Vert… Vers ! il n’y vire point, mais n’a fait que mûrir la manipulation.

O Père Vers !

Quel fouillis dans ces mots, quel brouillard. Il fait si doux près de la table qui espère la dinde et les gloussements associés.

La farce n’est pas où l’on croit : du ventre de la bête sacrifiée ne sort que l’immonde représentation du carnage humain.

Noël, celui-ci comme un autre, danse sur les cadavres de l’espoir et de la compassion.

© Marie Hurtrel

[1] Sans esse intentionnellement.

SIRET 51301830900031
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Membre du collectif des Poètes mal famés
Marie HURTREL La poésie ne vit pas en un jardin clos, elle n'a de sanctuaire, et n'a de sucre tant qu'elle ne fait sourdre l'acide.

S'il lui arrive de cueillir les pétales des violettes et des roses, ce n'est pas pour repeindre les volets du printemps mais, pour décrocher l'instant à la métaphysique des choses.

Ce qu'elle ouvre coule par deçà l'en-deçà.
La tendance est au Silence et à la Lecture
 
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