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Tu sais

Ce n'est pas vraiment utile de dire que ma nuit a été des plus longues, tu dois bien l'imaginer, par mes petits mots, et ma tentative de te téléphoner tout à l'heure...

Dis moi ce que tu fais, ce qui est autour de toi, je voudrais te voir marcher, t'entendre même quand tu ne me parles pas, te regarder vivre simplement. Je voudrais respirer le même air que toi, te frôler à chaque instant, sentir un baiser dans le cou, me laisser emporter par le désir simplement, sans crainte qu'il ne soit jamais satisfait...

Mes lèvres effleurent la peau de ton visage et se promènent à la recherche des tiennes, les yeux clos dans la douceur et l'envie seule d'être là, ignorant que la terre tourne, et le reste... mais ce n'est qu'un rêve...

Mon imagination est parfois difficile à contenir, je le voudrais pourtant, si, si, mais mes mains qui sont occupées sur le clavier me disent combien elles préféreraient faire autre chose à cet instant. Doucement se poser sur les tiennes, caresser tes bras... ce qui serait davantage de leur intention... je crois que je sens qu'elles s'insinuent, mais je ne sais pas... un mirage sans doute...attendant le miracle...

En fait, te décrire ce que je ressens t'amène après toujours plus loin que je n'aurais pensé, alors j'hésite, car ça n'allège pas ce manque que j'ai de toi, je me dis même que c'est augmenter le vide, le rendre palpable et encore plus cruel quand je ne te vois pas...

Mais, mon Dieu que c'est fou, je n'arrive pas à me raisonner et n'ai qu'une attente dans mes journées, c'est d'ouvrir une fenêtre sur ton visage, bien que je sache que tu pourrais bien me bousculer un peu... je t'aime comme il est humainement impossible de l'imaginer, en tous cas c'était impossible pour moi. Je suis arrivée dans une dimension inconnue, sur une planète inconnue, je ne sais où, mais il est clair que je ne savais pas que je ressentirais des sentiments aussi forts, des sensations aussi intenses, et aussi frustrantes hélas.

Mais non, écrire ne change rien, je vibre, tremble, mon corps pulse à la simple évocation de tes mains et c'est comme si mon sang tapait pour demander la liberté, ne pas l'écrire n'apaiserait rien, je le sais. Et, l'écrire... ne sera jamais aussi fort que la réalité. Parce que je ne sais pas ce qu'elle serait, je pense que je ne peux pas envisager ce que je n'ai pas connu, jamais, c'est la force de mon désir qui me le fait comprendre.

© Marie Hurtrel
texte déposé n°SEZ7178

SIRET 51301830900031
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Membre du collectif des Poètes mal famés
Marie HURTREL La poésie ne vit pas en un jardin clos, elle n'a de sanctuaire, et n'a de sucre tant qu'elle ne fait sourdre l'acide.

S'il lui arrive de cueillir les pétales des violettes et des roses, ce n'est pas pour repeindre les volets du printemps mais, pour décrocher l'instant à la métaphysique des choses.

Ce qu'elle ouvre coule par deçà l'en-deçà.
La tendance est au Silence et à la Lecture
 
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