Brenne

La Brenne est belle, tellement belle, sans partialité de naissance même si j'y ai vu le jour, et parce que j'ai assez voyagé autour de la planète pour affirmer cela.

Légende brennouseBelle dans ses brumes matinales, dans ses ombres boisées, ses automnes mauves et roux, dans la senteur des aubes après la pluie.

La Brenne est belle dans ses silences nocturnes reliés par le vols des effraies, belle dans l'agacement de ses abeilles sur les pétales aoûtiens, dans le craquement du bois de ses âtres et le rire des poules d'eau, elle est belle dans l'aurore piquant au vif les joues des égarements champêtres ; si belle dans sa terre et ses mystères.

Comment ne pas aimer ses contours, ses accents qui roulent comme la terre des labours entre les mains, ses toits étonnés sous le soleil d'octobre et ses pierres chinières brûlantes de juillet bordant l'arrogance de ses jardins...

La Brenne porte l'odeur des cueillettes vacancières, le parfum des cèpes et la noirceur des mûres dans l'écho lointain des aboiements de septembre ; et c'est là, à l'ombre des légendes, qu'elle puise sa constance et dans le fond de ses étangs la rondeur de ses saisons.

On ne peut qu'aimer la Brenne, me dis-je, mais suis-je juste dans le sang qui m'y attache... qu'importe, la vie est trop courte, dit-on, pour s'allier ailleurs qu'à la beauté des choses.

Marie Hurtrel