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Face à la confusion

Devant la brochette de comiques qui a défilé comme au dernier machin à la mode, et non pas seulement marcher dignement, je choisis l'indignation.

Voyez, en faisant un symbole de Charlie Hebdo, "on" tente simplement la destruction même de l'esprit charlie en soi-disant défendant la liberté d'expression. Et... double effet pas cool :

- ficeler charlie (ou récupérer si vous préférez ce terme), donc ficeler subtilement la liberté de satire en se mettant à l'abri pour lécher les fondements cossus qui vont avec un oeil sur des sols et sous-sol encore un peu trop résistants au goût de leurs intérêts. Y en a qui vendent des tee-shirts "je suis charlie", c'est très moche mais pas pire !

- ficeler plus serré les masses, pour boucher mieux les oreilles de ceux dormant encore, corseter dans l'accusation de gâcher la fête ceux rappelant que le terrorisme peut être aussi économique, commercial, et néocolonial, et qu'il massacre aussi et depuis très longtemps sans que personne ne fasse plus qu'un rot de dépit au fond de sa léthargie rassasiée et bibée par les écrans de télé entre la pub et les jt, une main sur son intimité et la chips au fond du bec.

En cela le défilé vide la marche de sa substance.

Pour rappel : Charlie n'est pas une personne mais un journal.

Ce sont des humains qui ont été assassinés et personne n'écrit sur son dossard "je suis humain/e". Ben tiens, l'écho des morts de faim pourrait en venir et ferait peut-être désordre au milieu des agapes post "marche". S'indigner, oui, mais sans prendre le risque de remettre en question l'ordre et la balance qui arrange.

Du fond du coeur et de ma tristesse, j'embrasse les familles atteintes et dont le deuil est aujourd'hui violé et galvaudé.

Du fond de mon inquiétude, je souhaite bon courage à la liberté d'expression et à celle de PENSER sans fil aux neurones.

Marie Hurtrel