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Reflet de Novembre

En cascade violente
S’écrase avec fracas
L'eau d'une rivière comprise

Elle bouillonne son invitation à la suivre
Et les coups répétés d'une barque au rivage
Scandent au rythme d'un cœur

Des clapotis ourlent la transparence de l'eau
Et je trouve un repos à les écouter changer

Ce ne sont que des branches nues qui bordent le serpent aqueux, mais j'imagine déjà le renouveau noyant d'ombres bienfaisantes, les rives écorchées. Pourtant il y a encore des jours à me laisser porter par l'onde qui se tourmente parfois de tourbillons attirants.

Plus vite, plus fort, le courant se déchaîne quand j'aperçois des masses de pierres à contourner. N'y a-t-il que ce cours de l'eau de mes rêves à se révolter ainsi quand un torrent puis une autre se jettent en éclaboussures devant mes yeux.

Je suis inquiète et conquise par la beauté des choses.

La palette est réduite, mais l'air donne comme une saveur particulière que je savoure à chaque inspiration. Le goût de l'élément apaise et me souffle l'idée d'un bonheur voulant se laisser gagner. Ma main disparue un moment de la surface cristalline réapparaît troublée, en brisant l'eau noire du reflet des nuages de Novembre.

J'ai regardé en arrière le ruban du cours de l'eau se perdre dans les racines douloureuses du temps. Une brume bénéfique estompe la naissance du défluent imposé qui m'a portée. 
La barque se fracasse en abordant un nouveau rivage, elle me ramène dans mes lendemains.
Je regarde encore, instant, flotter les débris de bois, depuis la rive où je me suis posée.

Des pas dans un jardin inconnu et je découvre paisiblement la lumière caressant le tapis des feuilles magiques dans les reflets. L'air immobile depuis un temps s'agite en soudaine danse, compagnon des premiers flocons de neige fragiles encore à se fondre dans la rousseur du sol.

Un arbre couché attendant son destin accueille mon repos le temps que mon regard se perdre dans les cimes dévêtues. Le ciel est si sombre dans sa mousse de nuages ventrus. Un trait du soleil lacère l'anthracite irrégulier, comme l'annonce de la venue d'un ange.

Reprenant mon chemin je plonge à nouveau le regard dans l'horizon, abandonnant le ciel et ses promesses de purification.

À chaque pas je vois le vol des étoiles miniatures s'intensifier. De virevoltes légères à l'anarchique douceur, la neige se transforme en essaim silencieux.


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SIRET 51301830900031
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Membre du collectif des Poètes mal famés
Marie HURTREL La poésie ne vit pas en un jardin clos, elle n'a de sanctuaire, et n'a de sucre tant qu'elle ne fait sourdre l'acide.

S'il lui arrive de cueillir les pétales des violettes et des roses, ce n'est pas pour repeindre les volets du printemps mais, pour décrocher l'instant à la métaphysique des choses.

Ce qu'elle ouvre coule par deçà l'en-deçà.
La tendance est au Silence et à la Lecture
 
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