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Autre an en emporte l'espoir

Parce que sur une route longue on n'ose pas regarder l'horizon, on préfère l'inventer. Les pieds sur un lit de ronces, on veut que tout change, tout de suite, tout seul.
C'est la même chose partout où un fil relie au soi-disant progrès des voisins. Le plus dans le rien.
C'est la magie du croire sans sa puissance.
C'est la non gestion de la frustration, la capacité à subir la frustration du temps des fondations de la construction ayant été avalée avec la souffrance, par les massacres, les coups, les chaînes - métaphoriquement ou pas, puisque nous sommes dans l'humain au propos -.
Qui contrôle quoi, un ordre se veut mondial, mais de quel droit, et toute ascension n'est pas verticale : réflexion, il ne s'agit de monter vers nos blanches dépravations, mais vers le haut ; la terre est ronde que diable, et l'herbe ici plus toxique que la cigüe des ciboires anciens.
En fait, c'est le fatalisme qu'on nous inculque, en Afrique comme ici en Europe, et que certaines périodes de l'Histoire, la colonisation oui, ont ancré au fond des raisons d'attendre et/ou de faire avec -sans attente, parce que qui attend espère finalement-. Nous, ici, je crois que nous fonctionnons avec ce confort de la paresse, nous n'avons pas faim puisqu'on nous gave, et traînant notre ventre gras et malade nous pensons encore avoir un cerveau pour trier la matière du gavage : c'est notre prétention, notre mépris du sens de l'optimisme.
Notre honte.

Ne nous haïssez pas, ne nous méprisez pas, ne cherchez pas la vengeance, ne demandez pas la même chance - il n'y en a pas, seulement un lieu de naissance et la dominance du hasard -, et la mort dans la rue et le froid de nos coeurs, il n'y a pas que le temps qui gèle ; déshumanité. Contre nous, battez-vous, à escalier égal. Là où nous dormons repus sur une marche trop large, enfoncez le constat comme une bouture pure - il n'y a pas que les organismes à gènes qu'on tente de modifier, le sens de la vie a aussi plongé dans les éprouvettes des sorciers qui se veulent maîtres d'un jouet qui n'en a jamais été un.
Tuer pour connaître la vie, amputer pour savoir la nécessité d'un bras, incendier pour justifier la crue du fleuve de l'enfer... nos blanches bêtises prises comme logiques éducatives, et notre insolence à vouloir les fourguer comme unique chemin vers l'accomplissement humain ; manipulation farineuse, ce qui s'accomplit est la justification honteuse de la forge qui scelle nos fers, et les vôtres.

Regardez le monde, comme il marche à l'envers, mais si seulement un centième bougeait... un millième même, comprenait que l'attente vaut un temps, de décantation de l'Histoire, sa compréhension, que cette attente que les choses changent enfin n'est qu'une imposition de ceux qui dirigent ce monde et l'ont ordonné. Alors l'humain apprend à fonctionner avec sa "place" que jamais il n'a choisie. Il est si facile d'aimer le confort délétère. Il est si facile de haïr le trouble d'un lac quand l'incohérence lisse si bien sa surface et rassure. Jusque là, ça va. La chute semble douce, comme une ivresse lente qui s'infiltre dans les veines au pied du bûcher. Et, c'est bien à celui qui souffre de faire un effort pour laisser le massacre perdurer. Doucement perdurer, comme un chancre sans barrage.
Le fatalisme se lie au manque de confiance, et je crois que tant que l'immense réalité ne viendra pas à nos blanches oreilles, nos mains noires continueront de saigner à vouloir ensemencer le labour funeste des colonisations. Nous y avons perdu nos religions, nos rêves, nos cauchemars, de ceux qui font qu'on ouvre les yeux, ceux qui faisaient qu'on créait sans cesse les levers du soleil.

Aujourd'hui nous laissons le soleil développer ses artifices, l'humain fait l'alouette et pille ailleurs le malheur de l'humanité, des fois que la lie laissée pourrait encore lustrer ses tables.
Les vampires ont le teint blanc.

Entre hier et demain, n'est-il pas un jour qu'on oublie de pendre au mas de la logique humaine.

© Marie Hurtrel
31/12/2012

SIRET 51301830900031
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Membre du collectif des Poètes mal famés
Marie HURTREL La poésie ne vit pas en un jardin clos, elle n'a de sanctuaire, et n'a de sucre tant qu'elle ne fait sourdre l'acide.

S'il lui arrive de cueillir les pétales des violettes et des roses, ce n'est pas pour repeindre les volets du printemps mais, pour décrocher l'instant à la métaphysique des choses.

Ce qu'elle ouvre coule par deçà l'en-deçà.
La tendance est au Silence et à la Lecture
 
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