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L'arbre et la dé-terre

Quand un homme de valeur manque de tout et de l'essentiel, il se bat.

Je connais un poète dont les poings enfoncent autant les mots que les coups (sur le ring seulement !), une force, un arbre peut-être, force de la nature que l'in-nature tente de broyer par toutes les vis possibles. Un arbre qui ploie et résiste aux vents de l'attente, en faim du compte des jours sombres et du soleil manipulateur, l'attente qui brasse l'air moite et les questions.

Ses mots, forts, de terre, de ciel, d'insultes à la bassesse, d'insolence en courbes pleines, ses mots passent dans le trou de la couche d'eau zone noire de nos étonnements. Il crie, et nous entendons... un peu, un tout petit peu seulement, un "blop" de bulle à la surface du fleuve de nos quiétudes rassasiées malentendantes. Et pourtant ce cri est celui du nombre ignorant le bourrelet satisfait aux adaptations fauteuillesques*. Le nombre en un.

Ô patience, que lui apprends-tu ? Ô nos patiences, que lui imposez-vous ? Que les mots sont source de bienfaits, qu'ils exorcisent la sanie du monde, qu'ils lénifient les grondements du ventre, qu'ils pansent la béance aux lèvres sèches... qu'il y a encore assez de viande à ses os pour lever matin les angoisses d'à venir...

Où tombons-nous, sur quel ring paradons-nous... celui de la dé-terre et de ses illogismes draculaires*.


-fauteuillesques : de fauteuil
-draculaires : référence à la légende du vampire Dracula


© Marie Hurtrel, 14 février 2011