Cameroun

Comme toujours il faudrait envoyer la page comme l’extrait de vie dont on refait les naissances.

Il y a, là, une aube circulaire, à fouiller l’encore d’un jour et de mille.
Comment fait-on du sol l’apparentement des songes…
Comment fait-on du ciel le discernement des anges…

C’est en retournant à l’inconnu que l’on découvre l’absoluité des nomades enracinements.
Comme un stolon j’avance, sans connaître ce que je laisse dans l’effacement de ma course et sur l’horizon.

Il n’est de pause. Jamais, qu’à l’angle des cimetières.

Au sol, il n’est que poussière à redire la semelle journalistique, et je viens lever la poudre tellurique faisant voile à tes mystères, pour entrer sous ta robe maternelle et lire où tu m’as écrite.

Je vois ce que j’entends comme ta partition sonore.
C’est dans une rue de tes villes encombrées des détresses célestes que naît la raison d’y étendre mon humanité.

D’un souffle aux communes absences, un air léger des montagnes vient encore me dire la moiteur d’un autre rêve.

Il y avait, là, un regard étrange et résolu, celui que pose l’inconnaissance sur la nuit nouvelle. Le regard d’une absence qui se creuse dans la rencontre.
J’ai juste senti le souffle de tes musicalités vitales. Le chahut des voies qu’emprunte la voix forte des retrouvailles ; il est d’aubains mystères à mon pays de reconnaissance. Là, où, se brisent les rêves au fond des yeux d’attente, quand le kaba fait la tristesse dans la danse de ses couleurs. Au bout des chemins qui ne traversent que l’âme de l’instrument du pourquoi, sous sa table dysharmonique portant haut les cordes du devenir incendié avant même son songe.

O, combien de nuits, et ton soleil pesant…
J’aime me coucher sur ton sol comme glisse le doigt sur le constat d’une délicate empreinte posée entre les brumes et l’évidence.

Dans mes bras, je veux que se couche l’air de tes matins, et que tonnent les éclats lointains des métalliques partances, recevoir l’effondrement de ton ciel dans les paumes et boire ta merveille et tes malheurs.
Je continuerai de cueillir tes tumultes citadins et la fraîcheur des collines dans tes brumes ésotériques, à l’aube des grisailles où ma lumière repose.

Je veux ce jour où j’ai trouvé mon nord en épousant ma différence ; garder dans mes veines la couleur de ton sol et peindre la profondeur de tes sourires.
Sous tes nuages noirs, je veux encore me livrer à la cohue de tes traverses citadines, et sous ton corps baiser le front de l’insolente brûlure de tes sables du nord.
Je prends tes déluges, tes senteurs, tes égarements routiers, le rêve de tes enfants, la pupille de tes villages, la moiteur doualaise et la légèreté du souffle de tes anges, la désolation de tes carences, l’attente de l’eau et l’impossible lumière, tes pleurs et tes résonances, le rire de mes amis, les chagrins de mon frère, le pagne à mes hanches et la terre en bagage, à bras le cœur.

Au loin, un djembé, une tôle froissée, un rire en cascade, le brouhaha de l’absence.

© Marie Hurtrel