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Pieu pieu

Puisqu’on cède à l’image, faut-il dire ce qui se donne parfois d’une main contrite en prière et publique, et se garde souvent de l’autre en con-strict comptable ?

A genoux face aux anges de pierres, en dévotion notoire, l’estomac orienté sur l’agneau dominical - pas celui du ciboire mais sur le cadavre doré subissant les flammes et ruisselant de la sueur d’un labeur-argument aux festives récompenses - un masque est mis.

Au front le doigt, se lisse la raison du père, lui a-t-on dit. Là est le respect à avoir, et on le baisse (le front, pas le père), pour simuler le port de la peine d’un monde… un monde à part contre lequel on ne pourrait rien devoir pouvoir, selon le dire encore. Depuis que le monde est, et étant le monde, diantre ! Il y a scission, qui peut-on ? C’est la faute du serpent bouffeur de pommes et monétaire.
Faut-il monnaie taire d’ailleurs ? Puisqu’il faut bien monnaie faire…

A défaut de compassion, à ce front-là brille la con-patience. Pieu étant d’apparence, impie juste autant, qu’importe, il n’est, là, de pieu qu’en allégeance à la façade. Lustre[i] suffit. Entre temps autre chose. Ses jardins sont clos de murs.

(Il paraît que d’un pieu on peut détruire un vampire. Dans le cœur. Je m’égare…)

Au plexus, un peu au-dessus, se vise, avant l’élan bi-scapulaire, la zone palpitante du fils en lui - de qui importe peu au moment du geste, on sait, on ne sait plus -, et déjà sa main tremble de prévoir l’accueil mendiant et ses tentatives de déranger la dévotion aux divinités de stuc et de plâtre.
Les visages sans couleurs bénissant la fortune[ii] dans la conscience que le pire existe. Mais le pire en lui s’en détache en conscience, en enjambant dix mille cornes de brume, et l’Afrique.

A l’épaule l’index, version côté cœur et opposé, parlant viscère pour situer l’endroit, se comprend l’adage fait de citation tordue, que l’habitude légalise : que voulez-vous, c’est comme cela qu’on baise les foules, dans le verbe admis… ou dans l’argotique secret.
On n’y peut rien, et qu’on se rassure : on ne fait rien !
Enfin, si, on fait ! On fait l’étalage de la propre aumône qui va bien au fond du panier des indigences, parce qu’il faut s’enorgueillir d’une médaille à confesse et y gagner l’amnésie qui fera le fard. Bonne mine, de plomb.

Et d’accabler un mort, re-vivant paraît-il, des promesses d’oboles en de généreux affichages de distributions sous le porche des convenances. Si le porche regarde, car tourné le coin de l’édifice sacré, c’est dans la fange pâtissière qu’on foule, enfin ! au pied le crucifié et ses… disons… lumières.

Mais ne soyez pas acides, mes mots, Dieu existe pourtant, preuve en est qu’il « drelinne » ses évidences et trébuche dans ses poches.

Au nom du fric, des préjugés, et des traditions, sois béni-oui-oui, c’est ton absolution.

© Marie Hurtrel

[i] Lustre : sacrifice de purification qui avait lieu tous les cinq ans (dans la Rome antique)
[ii] Fortune : chance


SIRET 51301830900031
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Membre du collectif des Poètes mal famés
Marie HURTREL La poésie ne vit pas en un jardin clos, elle n'a de sanctuaire, et n'a de sucre tant qu'elle ne fait sourdre l'acide.

S'il lui arrive de cueillir les pétales des violettes et des roses, ce n'est pas pour repeindre les volets du printemps mais, pour décrocher l'instant à la métaphysique des choses.

Ce qu'elle ouvre coule par deçà l'en-deçà.
La tendance est au Silence et à la Lecture
 
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