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Routes

De ces routes, histoire très spéciale. (24 mars 2016)

Il y a une route en croisant une autre, sans direction ; ce que l'on sait est qu'elles sont toutes les deux grises, bitumées, sans bande centrale, légèrement bombées et jamais bondées, seulement bordées de bondes ici et là puisqu'elles tracent leurs rubans entre des étangs juste limités de fossés tellement fins qu'on n'y mettrait le moindre bec de canard - tout colvert qu'il fut - et envahis de joncs. Ces routes n'ont pas de réels virages, le seul à considérer étant celui du lieu de choix où s'y engager.

La première route s'emprunte aisément, la deuxième également. Il est simple d'y avancer, de marcher et courir sur leurs dos, simple tout autant de choisir l'une ou l'autre bien qu'il soit compliqué de chercher à savoir d'où elles viennent et où elles emmènent. Leur longueur faisant qu'à quelqu'endroit où l'on pose le pied, on n'en voit ni le commencement ni la fin ; le remarquable est qu'à ce quelconque lieu d'emprunt, toujours elles se croisent.

Sur quelques mètres autour de soi, elles paraissent identiques sous une même lumière le long des mêmes nappes d'eau dormante en surface. Une chose les ferait distinguer pourtant, c'est le fond, non de leurs fossés mais, de l'eau. A chacun de s'armer d'un bâton suffisamment long pour fouiller sous la surface de chaque côté, juger de la profondeur de l'eau et de la résistance du sol - une fois enjambés les joncs d'un bord et de l'autre -. A moins de plonger allègrement pour faire ses constats de la main et de l'apnée, en comptant sur un retour au bitume rapide et tranquille à défaut d'être sec. Ou de s'en remettre au hasard puisqu'on ne voit pas pourquoi ce serait par le fond de l'eau qu'on saurait où elles mènent.

Le choix n'est donc pas forcément si aisé de l'azimut à prendre, il peut demander un temps, impossible à définir avant, d'effort et de réflexion. Sans parler du choix de se donner de quoi choisir...

Enfin, on dirait bref, on ne le dit pas parce qu'on ne maîtrise pas le résumé dans une histoire s'engageant à l'intersection de son sens.

En conséquence, il y a ces routes, petits serpents gris sans distinctions semblant éternellement copuler en leur carrefour.

Marie HURTREL



Route de Pellebuzan - peinture 90 x 70 cm

SIRET 51301830900031
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Membre du collectif des Poètes mal famés
Marie HURTREL La poésie ne vit pas en un jardin clos, elle n'a de sanctuaire, et n'a de sucre tant qu'elle ne fait sourdre l'acide.

S'il lui arrive de cueillir les pétales des violettes et des roses, ce n'est pas pour repeindre les volets du printemps mais, pour décrocher l'instant à la métaphysique des choses.

Ce qu'elle ouvre coule par deçà l'en-deçà.
La tendance est au Silence et à la Lecture
 
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