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Heure d'Almeidienne

Quand tu explores au-delà du poème
la phrase de l'éphémère
"allitérant" le coup de partance
d'une vie aux abords de ses propres enjeux
pour aspirer ce qui surnage
et charge la rade de nos mystères
tu livres comme en crue nos livres intérieurs
sacrifiant à la plume l'encre des sanctuaires

ce que tu ouvres en nous
humains de contritions
qui nous donnons un dieu
à défaut d'entendre le nombre
tu le laisses pleuvoir des ciboires d'argile
faisant l'ivresse à boire ta philoésie

ô humains qui nous complaisons à différer
l'accent du grave de la merveille
et surseoir à la résonance du penser
suçant nos concessions au nom de la matière
à colliger les maléfiques réversions
là où nous inventerions la mort

revenant sur les pages immunes
où ta géographie prend le large
après le sable et le vent des déserts
après le deuil et la confession atlantique des heures
après le fleuve aux crevettes faisant route jusqu'à l'Ouémé
tu déclares l'ineffable
comme on emprunterait aux dieux la cartographie d'un destin

puisque c'est au fond de paumes célèbres
que se pétrit la dagyde à nos rêves confondue
il nous reste à arracher le clou qui fait sens
à nos incantations horizontales
pour libérer l'ab-saint des logiques digestives
et monter vers l'éthérique domaine
à te lire ô poète
un pied contre la rime
et le sang dans l'ailleurs

Marie HURTREL
31 mai 2013

« J'ai devers moi un texte une fiction poétique Heure d'Almeidienne qui m'a d'abord fait écarquiller les yeux avant que j'observe lecture faite que ce texte me serre plutôt les bras, qu'il m'installe sous le préau sur l'agora. En son dedans du reste, la poésie travaille à une double géographie sémantique à une localité mobile sur laquelle repose, j'imagine, une polarité fondamentale perçue entre la terre utérine et cette autre terre lignagère aux consonances hiérophaniques dûment instituées. Deux moments s'adoucissent dialectiquement en cette poésie maniant l"encensoir.
Il faut savoir ceci quand on lit un texte aux agglomérations poétiques, son sens est soupesé allitéré par des variantes, il vient d'un bled langagier où la fulgurance du réel sert de guide à l'ainsi du poème entre détournement de la chose vue et provocation grammaticale de ce qui vient au regard, à l'oeil du lecteur versatile.

Je lis ce texte comme un poème à échelle d'homme, une poésie à même d'ouvrir un théâtre intérieur à l'intérieur duquel chacun y puisera quelque chose je l'espère.

Pour ma part cette poésie constitue une réflexion lyrique sur ce qui se joue dans l"en aller de ma vie d'écrivain. D'un écrivain qui parle singulièrement en poète.

Au jusant de cette lecture pliant le langage au solstice de l'amitié je relève l'énergie spirituelle ainsi insufflée à ce poème appartenant à l'exacte mesure de soi ; la langue reste constamment anamorphosée à l'essentiel de l'universel, c'est une langue qui justifie l'inclusion d'un parler authentique, d'un parler vrai se suffisant à résumer une vie cherchant sans relâche à guillemétiser l'entour, la vraie vie rimbaldienne.

A tenter de vivre à hauteur d'homme Paul Valéry ne disait-il pas au siècle dernier qu'il nous fallait tenter de vivre ! De vivre au plus près de soi et de l'autre, en nous dirai-je à mon tour.

J'ai aimé te lire en notant que ton écriture est fortement cette exposition du poète, cette tension au sens étymologique du mot, cette sortie du poète vers l'entrelacs des destinées humaines vers les dissidences du sens commun.

Parce que tu fais des pas éclairés dans la poésie, la tienne se veut corrélativement un moment de grâce dans ce qui s'écrit aujourd'hui dans la francophonie française, québécoise, africaine.

Je constate en te lisant que ta poésie enrichie d'une noblesse du coeur permet d'homoniser la vie en nous permettant de respirer l'air vif de vivre intensément une vie confiante, une vie rongée rognée par la métrique de l'existentialité humaine.

Merci Marie Hurtrel pour ta complicité discrète parce que vivifiante. Merci pour cette hellénisation bantouisante. A un de ces jours dans la vie. Que les vôdouns d'Afrique accompagnent tes pas dans la conscience du merveilleux. Du merveilleux païen. »

Fernando d'ALMEIDA
La Roseraie du goyavier, Douala, 1er juin 2013

 
SIRET 51301830900031
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Membre du collectif des Poètes mal famés
Marie HURTREL La poésie ne vit pas en un jardin clos, elle n'a de sanctuaire, et n'a de sucre tant qu'elle ne fait sourdre l'acide.

S'il lui arrive de cueillir les pétales des violettes et des roses, ce n'est pas pour repeindre les volets du printemps mais, pour décrocher l'instant à la métaphysique des choses.

Ce qu'elle ouvre coule par deçà l'en-deçà.
La tendance est au Silence et à la Lecture
 
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