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Réflexions 6

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Tous les fruits qui ne sont pas mangés pourrissent.

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Les envieux, d’un mot détruisent ce que jamais d’une vie ils ne maîtrisent.

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Quand la plume déborde de ce qu’elle ne peut écrire, le poème s’effondre.

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Je ne sais pas demain, mais j’y vais quand même.

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Vivre est construire. On ne construit pas seul, c’est la destruction qui se fait seul.

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Un enfant, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, est un être humain, pas une marchandise, ni un faire valoir.

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La permanence du provisoire accompagne jusqu’au tombeau.

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Tout ce qui sort du format doit être coupé, qu’un enfant de six ans vole une gomme, il sort du format. Faire entrer dans le format dès la naissance, ou éliminer, ghettosïser, etc. Les enfants sont comme ci, les bretons sont comme ça, les corses sont ceci, les anglais sont cela, les vieux sont ainsi, les jeunes sont de ci, les adoptés sont comme ça, les adoptants sont comme ci, les étrangers sont comme tels, les pays (personnes) sont tels que, les malades sont ceci, les intelligents sont cela, les idiots sont comme ci, etc. Formatage. En rang, et que personne ne dépasse, et surtout pas en pensée. La gestion d’un troupeau est plus facile quand les bestioles sont calibrées, c’est plus simple pour les gaver et en faire des outils. Faut-il adhérer au calibrage pour accéder au bonheur, le bonheur est-il dans la dépersonnalisation. Doit-on, peut-on, faut-il.

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La peur des autres vient du doute de soi.

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Lorsqu’on se concentre trop sur l’avoir, l’esprit, au lieu de penser, chasse.

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Ce n’est pas le fait de vivre pleinement le présent qui donne un futur, mais le fait de penser le futur qui fait vivre pleinement.

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On ne fait pas taire ceux qui n’ont rien à dire.

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Que la douleur se pose sur les mots, si les souvenirs parlent du visible invisible, déjà palpé, trop palpé. La poésie, à mon sens, s’étend, par capillarité, dans tout ce qui nous fait nous. Je veux écrire les roses, le lilas et son ombre bienfaisante, et je veux écrire le sang et son épanchement, parce que je veux écrire la vie, pas seulement une part, pour rendre, du mieux que je puisse et si cela est possible, une réalité humaine, au-delà des rêves, au-delà de l’espoir, comme on décompose la structure d’une encre et de nos ancres. Après, que le vent souffle, nous savons où nos dimensions racinent, peut-être est-ce un repère, sans impliquer l’acceptation comparative des souffrances quelles qu’elles soient, peut-être est-ce nommer simplement la barque sur laquelle il n’est d’autres choix que d’aller, on ne change pas de corps, on ne change pas d’âme, on ne change pas de coeur, mais on ajoute, fleur à fleur, épine à épine, ce qui nous concrétise. Peut-être est-ce une façon de combler un néant, de rester sur le bord du vide sans se faire aspirer. Je ne sais pas. J’écris.

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Il me faut trouver une autre région, là où le vent souffle dans une autre direction... pour changer de coiffure.

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Laissez-moi mes illusions, je n’ai pas d’autres essences pour rêver.

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Un nationaliste est quelqu’un qui n’a rien d’autre à se mettre sous l’exaltation.

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© Marie Hurtrel