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Evangile du coït II

Texte intégral :

L'Evangile du coït II, Fernando d'Almeida L'Evangile du coït II, Fernando d'Almeida (809.16 Ko)

A propos de l'évangile du coït II
Bebeledi

Dire le corps de la femme suppose une intrication du sujet écrivant à l’intérieur d’un langage appelé à résister aux ordonnances établies, à l’ordonnancement d’un parler douillet, définitivement codifié, généalogiquement entendu.

La fascination du corps féminin, sa magnification s’exerce conséquemment dans la transgression, dans le refus de céder aux borborygmes datés. Il s’agit, en ce lieu ovarien, clitoridien, d’établir une connivence séduisante entre le masculin et le féminin en sorte que, esthétisé, béatifié, érogénéisé, le corps de la femme apparaisse véritablement désaffecté de tout puritanisme monarchique. Il s’agit, de travailler dans le sens d’une meilleure médiation, correspondance entre le phallus et l’utérus. L’un comme l’autre, l’un et l’autre devant s’abîmer dans l’enchevêtrement du vécu et de l’imaginaire. Dans la positivisation lyrique.

L’érotisation de l’écriture poétique ne peut conduire qu’à la plénitude d’une double jouissance : celle du mot et du corps. Le corps ainsi versifié, se maintient alors dans une écriture foisonnante, éclatée, désarticulée. Une écriture de l’opulence verbale se donnant un territoire à investir autrement par une sorte d’érogénéisation, de métaphorisation d’un langage sans cesse apte à décoller de l’institué, des sémantismes canoniques.

Le corps est ainsi reçu, saisi et compris davantage comme connotatif que dénotatif. Il est conscience de l’altérité, célébration d’un désir nomade. À la vérité, il n’y a point ici de primat du phallus sur le clitoris mais conjuration d’un corps féminin qui relève d’un sens complexe de l’existence humaine. Seule importe ici « l’hospitalité d’une féminité surabondante » (Jean-Pierre SAG, dans Incertitudes de l’image d’après le travail pictural de Myona Rimoldi-Guichaoua)

L’écriture de la sexualité implique un écartèlement des habitudes, une mise à la fourrière des tabous mal cramponnés aux immanences d’une réalité anthropologique mouvante, mutante dont les attributs érotiques se veulent suffisamment transculturels, car porteurs de racines totalisantes pour lesquelles il convient d’indiquer le relief saisissant, la complétude. D’un mot : la contemporanéité.

La poésie ici ponctuée, dé-voile un vécu où les redites rythment l’être du désir. L’exaltation du sexe marque l’en-aller d’un vécu ritualisant l’ovaire, l’urètre, le clitoris, l’utérus, le pubis, le phallus, le nez, la colonne vertébrale, les reins, les seins, fixant cela qui est la profondeur émue, l’établissement de soi dans une existence verbale confirmant de manière incantatoire, notre relation au délire sexuel, au-dedans du vrai.

L’évangile du coït II résume en forme de parole charnelle, passionnément ivre, érotique, un questionnement troublant sur la centration du sexe dans l’existence mutante d’un homme qui se regarde vivre dans la force de l’âge et qui tente de mimer l’amour, de le provoquer, de l’exacerber sous le couvert d’une poétique de l’intime assonancée. D’une poérotique (i) Cette relation transcendante de l’intime s’affirme comme urgence à se découvrir à l’intérieur d’une parole tendant à explorer, à exploiter le corps de la femme afin de parvenir aux illuminations de ce corps, à l’effervescence qui s’en dégage et qu’aimante l’écriture poétique prête à dessiner, à démanteler selon ses prérogatives, le dedans même de ce corps. Mais l’approche par boutures de l’ainsi nommé corps, demeure alchimique et renvoie à l’élémentaire. D’où cette cosmicité, cette « poérotisation » de l’utérus et du clitoris. Cosmicité s’écrivant dans la féminisation du corps, dans le poème fait chair. Dans une connivence chère, mettant en jeu un vécu organique.

Il y a un geste scripturaire, scriptural du poète totalisant une geste anatomique considérée comme arpent articulant les éclatements hétérogènes d’un corps-langage, impliquant des effets oniriques constants.

La tentative de parvenir à ce corps-langage travaille les accents du poème ici corporéisé, dans l’ascèse d’une langue allant d’un pôle intérieur (le corps) à un pôle extérieur (la nature). De cette oscillation naît le corps-poème. Le poème encré/ancré dans le corps d’une femme surprise de vivre fixée dans l’intempérie des mots.

Nous réclamons le droit de sexuer le poème, de le territorialiser à la proue du réel et de l’imaginaire. De l’imaginaire réalisé !

@ Fernando d'Almeida
Douala, 26-28 Mai 2006
(Cité de Bonamoussadi, La Roseraie du Goyavier)

i - Poérotique, notion abondamment analysée dans un essai récemment paru aux éditions EDILIVRE, 2012

Extraits de L'Evangile du coït II



Aux abords des jardins
La Beauté s’allonge éveillée
Elle surgit du vagin des mots
Quand entre en transe le corps
D’une femme blessée de plaisirs

(Rires des rivières
Que mutilent les seins d’une Ondine
La migration du clitoris
Annonce
Le regard béat
Que portent sur toi les choses)

Quand s’énamoure ton corps
Commence toute sapience
Aux contours nets des décombres

À la crinière des braises
Ton visage émet un ordre

Lorsque la nuit caresse
Ton omoplate le désir bondit
Et relate l’histoire crapuleuse
De ton pubis

(Au nord de Douala
Le parler-femme balise
L’encore libidinal noué
Dans la connaissance apaisée

(À l’heure où parle ta bouche
La rivière mime ton corps
Parlant
Langage de terre et de démence
Livrant pugilat
Au Rien buccinateur
Que saccage tout sens

Les béquilles de l’hivernage
Aux quilles des codes d’assaut

Pourquoi l’ainsi
Au ponant des détresses ?

Sur le plancher où pépie
Le sens disparate de tes seins
La forme garde rongées ses ailes
Et dans la nuit virginale – vaginale
Se constitue la zizanie des désirs
Tout se dit par saccades
Quand l’utérus surprend
Nos doigts laissant affleurer
Le Rien tapi dans ton œsophage
D’où s’annonce/s’énonce
Le retour de ce qui s’ouvre
À la profondeur émue
Au trop silencieux du désir


(L’éternelle nuit des baisers
Prévoit le désarticulé des mots
À la fourche d’une aube
Qui te mène au déjà proche
Non loin des miroirs sans tain)

(La terre révulse le ciel
Dès que ton corps scarifié évalue
La distance à parcourir entre
Le jour et la nuit
La lune et le soleil
Que nous savons déments
À chaque heurt des planètes)

C’est l’heure de l’aubade
La mer marche sur le siècle
Elle prend le chemin des cormorans
Et se pose sur ta colonne vertébrale
Qui se détache de l’éphémère
Aux hanches du signifiant

(Le grésillement des pôles
Oriente ton nez vers
La pâleur des oreilles dont
Les hoquets réclament enfin le silence)

Aux radeaux des mots
Tu es instant de mystère
Lorsque ton sexe se mêle
À l’écume des songes
Qui tombent en flocons
Aux portes loufoques des saisons

C’est l’heure de l’aubade
L’amour roucoule
À marée basse des syllabes
Du côté nocturne des merveilles
Occupée à faire l’amour
Pour redonner splendeur à la vie vivante
Tu es belle au tranchant des mots
Quand la forêt domaniale cède
Aux blessures profondes
De celle qui nous cèle
Dans les nacelles des nuits

La nuit s’approche de tes cuisses
Que lange tout regard
Lorsqu’il fait seulement en toi
Tes lèvres réenfantent tant de vertiges

Levé à tes reins l’or enfin
S’offre à ta Beauté insensée
À chaque tumulte des chimères




Des résidus de mots parfois
Roulent jusqu’à toi leurs pavés usés
Dans la sparterie des vocables
Qui nous viennent de ton ventricule
Là où s’emplit de délires
L’amour saignant de câlineries

L’envers de la mort ravive
La féerie de ce qui est
Lorsque l’amour survit
Aux égoïsmes de véranda

Il fait beau
À l’intérieur de ton utérus
Que repensent les mains nues
Quand naissent et meurent
Les mots que lape ta Beauté
À l’entrée d’un matin
Qui s’échappe de tes jambes
Que convoite l’énigme des tisons
Au long bivouac des désirs

Femme brûlant de lisières
À chaque thé dansant portant
Désir d’accouplement
À la fin des journées
L’avenir s’enfuit vers ton pubis
Qui joue à la marelle avec les mots
Nés pour fasciner ton clitoris enclin
À régner sur le dôme du monde
Quand tes jambes sur l’infini ouvertes
Réveillent tout cratère endormi

Alangui à tes pieds le jour en état de rut
S’immole au feu de ton corps
Décrypteur de phrases gonflées d’arêtes
Jactant de mots encrés de viscères
Ton corps encense le Rien scalpe l’infini
Tandis que la nuit en tenue de plénitude
Agite tes reins venus des profondeurs
De l’orage projetant sous ta croupe
Des mots éclatés incandescents
Que tisse sous l’averse
L’ombre diurne des choses

Par ton corps voyage tout désir
Quand tes mollets cèdent
À la kermesse des caresses


@ Fernando d'Almeida






SIRET 51301830900031
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Membre du collectif des Poètes mal famés
Marie HURTREL La poésie ne vit pas en un jardin clos, elle n'a de sanctuaire, et n'a de sucre tant qu'elle ne fait sourdre l'acide.

S'il lui arrive de cueillir les pétales des violettes et des roses, ce n'est pas pour repeindre les volets du printemps mais, pour décrocher l'instant à la métaphysique des choses.

Ce qu'elle ouvre coule par deçà l'en-deçà.
La tendance est au Silence et à la Lecture
 
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